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Assainissement liquide et solide

Après une longue expérience d’appui au développement en milieu rural (à partir de 1981), Caritas Kaolack a, progressivement, étendu ses interventions en zone urbaine depuis 1990, à travers des actions centrées essentiellement sur la préservation de l’environnement et réalisées en différentes phases.

La première expérience pratique de l’ONG était réalisée dans le quartier Jammagën de la commune de Kaolack, à partir de 1994. Elle faisait suite à une sollicitation d’une association de jeunes désireux d’apporter leur contribution à la lutte contre l’insalubrité qui sévissait dans leur contrée. Après le recueil et l’examen de la requête dont le motif avait été corroboré par un état des lieux in situ, Caritas avait vite perçu l’ampleur de l’action qui dépassait le cadre d’une intervention portée par une seule organisation locale. C’est ainsi qu’elle avait initié une concertation de quartier, en vue d’examiner, avec les populations, cette lancinante problématique d’alors qui ne pouvait être solutionnée que dans un élan participatif et communautaire. Le processus engagé avait abouti à la création du Comité de développement de Jammagën (CODEJA), une instance représentative de toutes les couches de la population (jeunes, femmes, hommes, notables). Il avait élaboré et mis en œuvre, avec l’appui de Caritas Kaolack et le concours financier de Caisse Française de Développement (CFD d’alors, actuel AFD), un plan de développement. Ce dernier comptait les axes suivants : eau-hygiène-assainissement, santé, emploi, éducation, sport-loisir, dont les actions (sensibilisation, formation, équipements, infrastructures) avaient été exécutées à la grande satisfaction des populations et de la municipalité. 

A la demande de l’Autorité municipale d’alors motivée par les résultats de l’appui au quartier Jammagën, Caritas Kaolack avait engagé une réflexion en vue d’examiner les modalités techniques et opérationnelles de déploiement dans la commune de Kaolack. Cette démarche avait conduit à un processus de concertation avec les acteurs communautaires, les organisations d’appui au développement et les services étatiques dont la finalité était de « porter ensemble » l’action. La campagne d’animation réalisée à travers l’étendue de la commune avait été achevée par l’installation de Comités de développement de Quartier (CDQ) et la création du Comité de Développement de Kaolack (CODEKA), synergie des forces vives locales. A la suite de la mise en place de cette Organisation, Caritas Kaolack a accompagné la conduite du diagnostic communal ayant défini les priorités des populations axées, essentiellement, sur l’assainissement. C’est pourquoi, toute l’action réalisée était orientée vers la mise en œuvre de projets assainissement. Ces derniers portaient sur la gestion des déchets à travers le système ramassage d’ordures par charrette (ROC), la construction d’ouvrages socio-sanitaires dans les écoles (toilettes, bornes fontaines, murs de clôture), de latrines dans les ménages, la sensibilisation à l’hygiène… Les partenaires ayant soutenu ces initiatives étaient : le FED, l’Agence de l’Eau Seine Normandie, la Maire de Paris, la Caritas Aoste, l’OSI EAST, la LVIA … Cette phase était, également, marquée par le déploiement de Caritas Kaolack dans la commune de Kahone, à travers la mise en œuvre du projet Ecoles Bleues, en partenariat avec IRHA. Il avait permis la réalisation de bassins de collecte d’eau pluviale, de toilettes et de bornes fontaines et d’activités de sensibilisation des élèves.

 

Jusqu’en 2010, l’appui de Caritas Kaolack aux communes était centré, principalement, à celles de Kaolack et Kahone. C’est à partir de 2011, en réponse aux sollicitations de nombreuses autres collectivités territoriales, qu’il avait été étendu.

déroulé en quatre étapes :

  • entre 2011 et 2013, il s’était agi d’asseoir des dynamiques organisationnelles de participation communautaire à la gestion de l’environnement. Soutenue par l’Union Européenne à travers le 10ème FED. Cette étape avait abouti à l’installation, dans chaque quartier des trois communes, d’une Cellule Environnementale de Base (CEB) ;
  • entre 2013 et 2014, l’action était centrée à la poursuite des activités d’animation dans les quartiers de ces communes, pour mieux consolider l’organisation communautaire récente mise en place dans le cadre du projet précédent. Financée par le Secours Catholique, elle avait permis, en outre, de sensibiliser davantage les populations et les ménages pour une plus grande adhésion aux dynamiques communales de gestion des déchets solides ;
  • entre 2014 et 2015 : elle avait consisté à anticiper, grâce au financement du Secours Catholique, des activités importantes retenues dans le programme général de renforcement du système de gestion des déchets dans les trois communes ;
  • entre 2015 et 2020: l’action avait, ainsi, consisté à renforcer l’organisation des populations et à consolider le système déjà mis en place par les communes, à travers de multiples inputs (renforcement organisationnel et de capacités, consolidation des acquis opérationnels de la collecte, aménagement de sites de gestion des déchets appelés CVET). Elle était soutenue par différents partenaires financiers sollicités par le Secours Catholique (AFD, Fondation Caritas France, Fonds d’initiatives Suez, la Région Bretagne, Autre Terre).

Au terme du processus de mise en place d’un cycle complet de gestion des déchets solides à Gandiaye, Kahone et Keur Madiabel, toutes les parties prenantes ont convenu, à l’unanimité, de ses nombreux acquis et enseignements. Ceci intervient dans un contexte où chaque commune du pays cherche à mieux maîtriser le phénomène de l’insalubrité grandissante. En outre, l’action dans ces communes est corroborée par l’appel du chef de l’Etat pour un « Sénégal 0 déchet » impliquant une gestion multi-acteurs et des pratiques innovantes et durables. C’est pourquoi, la dynamique engagée est perçue par de nombreux observateurs étatiques, municipaux, professionnels et communautaires comme une référence à l’échelle nationale pouvant être vulgarisée. En outre, elle peut aussi inspirer d’autres collectivités territoriales et acteurs du secteur.

Forts des acquis de ces projets et de la recrudescence du phénomène de l’insalubrité dans de nombreuses collectivités territoriales, Caritas Kaolack est passée à une nouvelle phase.

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  • le développement de l’action à Gandiaye, Kahone et Keur Madiabel : en plus de suivre les acquis des années précédentes, il s’agit de donner une orientation entrepreneuriale à l’accompagnement par la production de compost et le maraichage organique, action portée principalement par les femmes. Le projet qui soutient cette action est financé par la DGD-Belgique, par le biais de Autre Terre ;
  • l’appui aux communes de Nioro du Rip, Karang Poste, Wack Nghouna, Koumpentoum, Nguékokh : il a été inspiré de l’expérience des trois communes précitées. Il consiste à asseoir une dynamique multi-acteurs de portage de la gestion de l’environnement urbain et de créer des centres de valorisation et de traitement des déchets solides, concourant à une transition écologique juste. Cette action est portée dans les trois communes précitées par Caritas Kaolack et respectivement dans les deux autres par Caritas Tambacounda et Caritas Dakar. Elle s’inscrit dans l’orientation du Réseau Caritas Sénégal, sous l’impulsion de son Secrétariat National, d’apporter son concours aux communes dans leurs efforts de gestion du cadre de vie urbain, à partir de la vulgarisation de l’expérience de Caritas Kaolack. Le projet qui soutient cette action est financé, d’une part, par l’AFD et le Secours Catholique et d’autre part par la Katholische Zentralstelle für Entwicklungshilfe e. V (l’Agence catholique d’aide au développement) et Misereor ;
  • l’appui aux communes de Ndramé Escale, Wack-Nghouna, Keur Maba et Keur Madiabel, est réalisé à travers la vulgarisation des expériences de Caritas Kaolack et de IRHA Suisse en matière de gestion des déchets, de ressources naturelles, d’aménagement hydro-agricoles, etc. L’action est portée par les deux organisations. Elle est soutenue par le concours financier de la Coopération Genevoise au Développement, sous la diligence de IRHA.

Témoignage

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